Je déteste cette question. Oui, je sais. Encore un article qui commence sur une note positive [je râle donc je suis]. Mais le fait est que cette question m’irrite. Je ne parle jamais d’argent comme évoqué ici [en plus, je radote]. Je n’aime pas ça. Je n’en vois pas l’intérêt. Cela me gonfle absolument. Et quand autrui me pousse dans mes retranchements et m’oblige à en parler [c’est le petit côté sangsue d’autrui], j’ai comme un tic nerveux qui se manifeste au coin de l’oeil et je suis en proie à une certaine agitation intérieure. Explications.

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Cette question est devenu un réflexe chez autrui. L’autre jour, des amis visitaient mon nouvel appart pour la première fois. Premier commentaire : il est sympa ton appart, tu le payes combien ? Pourtant, un champ de possibilités s’ouvraient à autrui qui aurait pu dire : il est sympa ton appart, il est très lumineux ou encore il est sympa ton appart, très beau parquet [oui bon] ou encore il est sympa ton appart, très belle déco [si, si]. Mais non ! Autrui préfère partir dans des considérations pécuniaires qui ne le regarde nullement. Mon Dieu que ça m’énerve. Et cela m’énerve d’autant plus que je me sens obligée de répondre pour ne pas donner l’impression d’avoir quelque chose à cacher.

Il y a deux réponses possibles : celle qui satisfait autrui et celle qui dérange. Comment sait-on qu’autrui est satisfait ? Quand il répond : oh ça va, c’est raisonnable. Sauf que la plupart du temps, il répond : hein ? Mais c’est super cher. Voyez vous chers lecteurs, il est dans la nature d’autrui de porter un jugement. L’autre jour au bureau : Caramel Mou, j’ai une pote qui loue un appart, je vais te filer ses contacts. Mais pourquoi ? Bah, Alex m’a dit combien tu payais ton appart et c’est super cher alors je me suis dit que tu voulais sans doute déménager. Chers lecteurs, autrui me fait souvent tomber des nues mais là j’ai compris le véritable sens de cette expression.

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Entendons nous bien chers lecteurs, je ne me suis jamais plainte du prix de mon loyer [qui n’est pas non plus exorbitant, n’exagérons rien], j’adore mon appart et je n’ai jamais manifesté une quelconque envie de déménager. Admettons que cela parte d’une bonne intention mais tout de même de quoi j’me mêle. Les réflexions fusent en permanence. Il est sympa l’appart de Caramel Mou. Oui mais elle le paye super cher. Bla. Bla. Bla. Bla. Bla. Tu ne trouves pas Caramel Mou ? Ma réponse : ce sont mes sous, j’en fais ce que je veux. Leur réponse : oui mais bon. Ma réponse : oui mais bon quoi ? Leur réponse : bah rien, t’as raison. Heureusement que j’ai raison #bachibouzouk. Cette propension d’autrui à vouloir nous faire culpabiliser m’intriguera toujours.

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Cette question est omniprésente au quotidien. Il te plait ton nouveau boulot ? T’es bien payée ? C’était bien la Colombie ? Tu l’as payé combien le billet d’avion ? Elle te plait ta salle de gym ? Tu le payes combien ton abonnement ? J’adore tes nouvelles chaussures, tu les a payées combien ? Etc. Etc. Comme vous le savez j’ai récemment fait l’acquisition d’un vélo. Et autrui en a encore fait toute un plat. Avant même de l’avoir vu, il m’a demandé : tu l’as payé combien ? X couronnes. Hein ? Mais tu l’as acheté neuf. Oui. Mais pourquoi pas d’occasion ? Parce que je voulais un vélo neuf. Mais horreur, putréfaction et vade retro satanas, tu aurais du l’acheter d’occasion. Mais pourquoi ? Mais parce que c’est super cher. Mais je viens de te dire que je voulais un vélo neuf. Oui mais bon. Oui mais bon quoi ? Qui achète un vélo neuf de nos jours ? […] #abruti.

Si autrui se contentait de la réponse et passait à autre chose [une faculté dont il semble dépourvu], cette question ne m’agacerait pas autant. Amis lecteurs, je vous entends penser. Vous vous imaginez sans doute que je vis dans un appart à 10,000 euros le loyer et que je roule sur un vélo serti de diamants à 5,000 euros minimum. Même pas. Et quand bien même, j’estime que cela relève de la vie privée et que j’ai aucune justification à apporter. Il n’y a pas de solution. Répondre par le silence agace autrui qui insiste et répondre par la vérité ouvre la porte à toutes les critiques. Certains appelleront ça de la jalousie, moi j’appelle ça de la curiosité mal placée.