Il y a deux semaines, j’allais à un festival de musique avec une amie. C’était infernal. Je n’ai pas très bien vécu ce festival car de manière générale, il était trop grand, trop cracra, trop poussiéreux, trop stressant, trop de tout. Mais là n’est pas le sujet de cet article. Le sujet c’est l’addiction à son smartphone dans toute sa splendeur incarnée par ma collègue. Je pensais avoir moi même un problème à ce niveau là mais pas du tout en fait, tout va bien, je n’ai pas à m’en faire. On est toujours à un niveau moins élevé d’addiction que quelqu’un.

Vu sur internet : « putting your phone away and paying attention to those talking to you ? There is an app for that, it is called respect ». C’était le fond de ma pensée résumée en langue étrangère. Parler à mon amie c’est un peu comme parler à ma main, à une plante dans le vide car vous comprenez, elle est beaucoup trop occupée à converser avec ses multiples correspondants. Si au moins elle se targuait d’un hmm, hmm ou d’un ah oui ou d’un tu disais ou d’un continue je t’écoute mais non, madame est coupée du monde. Au final, qu’elle soit là où qu’elle ne soit pas là, c’est kif-kif bourricot. Pour moi, cela représente le comble de l’impolitesse.

Mademoiselle panique quand elle n’a plus de batterie. Je dirais même plus mademoiselle s’étonne de n’avoir que 20% de batterie [et oui, Whatsapp ça consomme]. Alors Mademoiselle emprunte ma batterie externe. Et quand elle est vide, Mademoiselle râle parce que vous comprenez ses multiples correspondants ne peuvent pas attendre. Alors Mademoiselle se précipite au stand de recharge des téléphones portables qui coute un bras [forcément, si c’était abordable, 50,000 personnes s’y précipiteraient, faut pas déconner]. Mademoiselle est contente. Il s’en est fallu de peu.

Dans ma grande candeur, je me suis imaginée que cette addiction cesserait pendant les concerts. Parce que je rappelle que pendant les concerts, il n’y a que très peu voir aucun réseau car trop de monde réuni au même endroit. Mais non, Mademoiselle est persévérante et prend ses conversation très à coeur alors elle prend tout un tas de photos et de vidéos qu’elle doit absolument partager avec ses multiples correspondants à l’instant T. Alors elle appuie de manière frénétique et en vain sur le bouton envoyer : t’as pas de réseau meuf, pourquoi t’insistes ?! Mademoiselle ne vit pas pleinement l’instant présent. Madame n’a pas conscience du monde qui l’entoure. Why did you come again ?

C’est ridicule et extrêmement déplaisant [ne faites jamais ça]. Plait-il ? Non, je ne lui ai pas dit parce que 1) je n’avais aucune envie de jeter un froid 2) toujours dans ma grande candeur, je m’imagine toujours qu’autrui prendra conscience tout seul de son comportement déconnant. Cependant, elle a eu un court moment de lucidité quand elle a dit :  ah la la, Caramel Mou, je suis accro à mon portable quand même. Ah bon ? Je ne vois pas ce qui te fait dire ça, vraiment, je ne vois pas, alors là. Le comble ? C’est quand à la fin du festival, elle a dit : c’était franchement super, on reviendra l’an prochain dis ? Oui, oui, tout à fait Thierry, tout à fait.