Ce coup de gueule s’adresse aux Monsieurs et Madames je-sais-tout qui ont un avis sur tout et qui se permettent de juger sans savoir. S’il y a bien un sujet sur lequel il ne faut pas trop négativement me titiller c’est bien celui de mes origines [en plus de celui qui a trait à la manière dont je dépense mes sous]. Le but de cet article n’est pas de générer un débat sur le sujet [car oui cela se discute mais c’est une situation particulière qui ne regarde que moi] mais bien de mettre en lumière l’indélicatesse d’autrui. Plait-il ? Vous comprendrez très vite le titre de cet article.

Remettons les choses dans leur contexte pour que vous compreniez bien mon irritation. Mon papa est Sénégalais. Ma maman est Libanaise. Je me considère comme étant Sénégalo-Libanaise non pas à moitié mais à part égale. J’en suis très fière. C’est un fait. C’est comme ça. Point de justification. Tout a commencé quand S. a dit : mais J., n’oublie pas que Caramel Mou est également Libanaise en parlant de je ne sais plus trop quoi mais qu’importe. Et c’est là qu’il a dit : hein ? Mais pas du tout, elle est Sénégalaise, un point c’est tout. Elle n’a RIEN de libanais. Deux solutions : l’ignorer ou surenchérir. J’ai dit [erreur] : et on peut savoir pourquoi tu dis ça ?

Parce que le Sénégal est une société patriarcale [minute wiki : Le patriarcat est un système social dans lequel l’homme en tant que père, est dépositaire de l’autorité au sein de la famille]. Et donc ? Et donc c’est la loi du père qui prédomine. Et donc ? Et donc tu n’as rien de Libanais, tu es Sénégalaise un point c’est tout. Tu aurais grandi au Danemark, tu serais Danoise [NDLR : très logique]. C’est historique. Tu vis au Moyen Âge là ? [ce moment gênant ou je pense qu’il plaisante encore].

Et puis j’ai des enfants métis et ils sont avant TOUT […] pas […].  Certes, mais pourquoi tu juges ma situation ? Parce que c’est historique alors ne viens pas me raconter que tu es Libanaise. Tu as bien entendu ta propre opinion mais ce n’est que ton opinion. Tu ne peux rien contre l’histoire. Il y a bien entendu des situations particulières pour les personnes comme toi qui ont leur propre opinion. Et puis qu’est ce que tu connais du Liban ? Tu y vas juste pour les vacances et juste pour bouffer de la nourriture libanaise [NDLR : jugement gratuit].

Tu te fous de moi ? Intervention de L. dont le père est Irakien, la mère Polonaise mais qui n’a d’Irakien que le physique car il n’a de contact ni avec son père ni avec l’Irak. Et moi, je suis bien Polonais. Polonais de quoi ? Tu as l’air d’un Afghan. Et donc tu n’es pas Libanaise parce que de toute façon ton passeport est Sénégalais. Et puis tu n’as pas d’avis à donner, c’est comme ça. Libanaise haha. Tu ne ressembles même pas à une Libanaise [et toi tu n’as rien compris au concept du métissage].

Et c’est à ce moment que j’ai quitté la conversation [oui, il est possible de quitter la conversation dans la vie réelle] parce que j’en avais les larmes aux yeux d’énervement. C’est affligeant. Je ne juge pas de sa façon de penser parce qu’après tout il a bien le droit de penser ce qu’il veut mais 1) le fait qu’il se mêle de ce qu’il ne le regarde absolument pas bien qu’on ne lui ait pas demandé son avis 2) le fait qu’il porte un jugement totalement erroné sur ma vie bien que je lui aie dit. 3) Le fait qu’il soit désagréable et totalement irrespectueux. Et puis qu’on ne me fasse pas croire que c’était une blague parce que bon, à un moment donné, quand tu constates que personne ne rit, il faut avoir la présence d’esprit de s’arrêter.

Je ne suis pas quelqu’un de conflictuel, je préfère ignorer la bêtise quand elle se présente à moi [dialoguer dans le vide est épuisant]. J’aurais aimé que cet individu se retrouve confronté à mon ami M. dont le papa est Libanais, la maman Française mais qui a toujours vécu en Côte d’Ivoire et qui se considère comme Ivoirien. Il aurait grandement apprécié qu’on lui dise : mais tu n’as rien d’Ivoirien ENFIN. Certes, on peut être de telle ou telle nationalité de par la loi, de par le sang ou de par tout un tas de documents. Mais dans les faits, j’estime qu’au XXI ème siècle, chacun devrait avoir le droit d’avoir le droit d’être Angolais, Péruvien, Japonais, Suisse ou Papoue sans subir les quolibets d’autrui.

Et pour finir et parce que moi aussi je peux pousser le bouchon jusqu’aux confins de l’univers, je dirais à cette personne qui, aujourd’hui, prétend défendre la liberté d’expression de commencer par balayer devant sa porte. Parce que si tout le monde commençait par balayer devant sa porte et par faire preuve d’un peu plus d’ouverture d’esprit et de tolérance, le monde irait déjà mieux.