On ne prévoira jamais l’imprévisible mais en prévoyant on diminue les risques de se tromper [Guy Vibert]. Tout est dit, cette citation aurait fait une parfaite conclusion. Ma prof de français disait toujours qu’il fallait commencer tout écrit par la conclusion car cela permettait de savoir où on allait et de mieux structurer ses idées [c’était la minute du conseil à prendre ou à laisser]. Mais là n’est pas le sujet. Le fait est que je fais partie de ces personnes étranges qui décident souvent tout à la dernière minute. Mes amis m’en tiennent souvent rigueur, il serait temps que je change d’amis.

De la même manière que je ne planifie pas mes articles [cuisine minute], j’éprouve des difficultés à me projeter au delà d’une semaine : tu es dispo dans trois semaines ? Réservons nos places pour le spectacle qui aura lieu dans six mois et achetons nos billets pour partir à Pétaouchnok en avril 2150. Il m’est déjà difficile de prévoir la veille pour le lendemain alors à priori pour dans longtemps. Oui, je sais. Il est préférable d’acheter ses billets d’avion bien à l’avance car c’est beaucoup moins cher et les places du concert tant convoitées vont très vite s’en aller. Certes [non, je ne compte pas lutter contre le bon sens].

Si autrui veut aller prendre un verre, m’inviter à diner, aller nourrir les canards ou gravir le Kilimandjaro, il peut me contacter la veille pour le lendemain ou à 16h30 pour 17h00. Je suis flexible. Nul besoin de prendre rendez-vous des kilomètres de vie à l’avance car elle n’est pas réglée comme du papier à musique. Quelqu’un m’a dit un jour que c’était tout bonnement lié au fait que je n’avais pas d’enfants donc pas de responsabilités donc d’avantage de flexibilité et que la situation serait différente quand j’aurai une famille. De toute façon, c’est bien connu tout va changer quand j’aurai trente ans et une famille. C’est la société qui le dit #cliché.

J’ai fait des efforts. J’ai acheté un agenda où je note tous mes rendez-vous, obligations, contre obligations, annulations et projets. C’est très utile dixit la meuf qui découvre la vie, car avant, tout était dans ma tête et j’étais souvent confuse. Il est cependant une chose contre laquelle il n’est pas possible de lutter, l’imprévisible. Deux amies ont planifié leur visite à Copenhague au moins six mois à l’avance. Une semaine avant, j’apprenais que je partais en mission à l’autre bout du monde précisément ce weekend là. Et mes amis de venir quand même, billet non modifiable oblige [manque de planification, paradoxe]. C’est comme l’assurance annulation que personne ne prend jamais parce qu’on se dit à quoi bon [manque de planification, ça devient compliqué].

Je suis incapable de partir en voyage en suivant un plan prédéfini. Je pense que le meilleur moyen de découvrir une ville c’est de s’y perdre. Je suis incapable de répondre à la question suivante : où vous voyez vous dans cinq ans ? Ils sont sérieux les gens ? Dans cinq ans, je pourrais tout aussi bien manger les pissenlits par la racine [c’est gai] ou faire pousser des pissenlits à Trifouillis les oies. Je pense qu’il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier et qu’à force de faire des plans imperméables à la nouveauté, on peut passer à coté de l’essentiel. Mais je pense aussi que rien n’est tout blanc ou tout noir dans la vie et que tout est dans la mesure. Je pense trop, j’ai mal à la tête.

La conclusion de cet article se trouve dans l’introduction. C’est ce qu’on appelle communément la paresse intellectuelle.