1) Avant hier, j’ai assisté à mon premier ballet : La Bayadère. Que ceux qui pensent que le titre de ce billet m’aurait très certainement fait gagner le Golden Blog Award du jeu de mot le plus douteux lèvent la main [même moi, je suis atterrée]. En attendant, voici un compte rendu détaillé des événements comme si vous y étiez. Commençons par le commencement et projetons nous deux heures avant le début du ballet. Caramel Mou se demande ce qu’elle doit porter ce soir. Parce que vous comprenez, Caramel Mou aime se fondre dans la masse [sentez vous l’ironie dans mes propos]. Bref, j’ai émis quelque hypothèses : Hypothèse 1 : les danois vont au travail en jean / baskets. Déduction :  ils en font de même pour aller au théâtre. Hypothèse 2 : les danois vont au travail en jean / baskets MAIS ils savent faire la part des choses entre vie professionnelle et vie privée (véridique). Déduction : ils vont au théâtre en mode chic. Hypothèse 3 : venez comme vous êtes. Oui, je sais. Ce n’est pas d’une importance capitale. MAIS dans le doute, j’ai mis ma robe MANGO à pois qui ne fait ni trop ni trop peu habillé. Ainsi vêtue, j’ai cherché l’adresse du Royal Danish Theatre sur Google Map. C’est joli, hein ? 

2) Je rejoins K. et A. devant le théâtre. Il nous reste une heure avant le début du ballet. Je peste [oui, déjà]. Je peste parce que j’ai pris la peine de prendre mon super appareil photo et que la batterie est restée dans le chargeur qui se trouve à la maison [les photos illustrant cet article ne sont donc pas de moi, vous trouverez la source en cliquant sur l’image]. Devant le théâtre, un monsieur avec un cigare et une dame vête d’un manteau de fourrure [très prout, prout]. Je suis contente d’avoir mis ma jolie robe à pois. Nous voici tous réunis dans une salle très baroque, un peu trop dorée, un peu trop chargée. Pourquoi ? Pour  écouter un mini exposé sur le ballet. C’était passionnant. La foule était suspendue aux lèvres de la jeune demoiselle. Plaît-il ? Le contenu de l’exposé ? Je ne sais pas, c’était tout en danois. K. a tenté de me traduire des bribes de phrases : le ballet relate une histoire d’amour impossible … Il y aura un éléphant et un tigre sur scène … Les danseurs étaient censés porter des bijoux mais c’était trop lourd … La danseuse se fait piquer par un serpent et meurt sur scène … Le compositeur est russe … The Lion King … C’est très dramatique … Bayadère signifie danseuse indienne Bref … Je n’ai rien compris et ça a duré 40 minutes. Mais de toute façon, je m’en fiche de connaître toute l’histoire avant.

3) J’investis dans un programme parce que j’aime bien garder des souvenirs de tout. Il a coûté 6 euros [ah oui, quand même] et c’est [encore une fois, j’en ai marre] tout écrit en danois. Nous nous installons. Je peste. Je peste parce qu’au moment d’acheter les billets sur internet, nous avons passé une heure à sélectionner les places afin d’avoir la meilleure vue possible à un prix raisonnable moyen. Ce moment gênant où, après avoir payé la peau du popotin, tu te retrouves devant … une colonne, très fine certes, mais qui n’en reste pas moins une colonne. Le monsieur nous explique qu’il était sûrement précisé sur internet que la vue n’était pas dégagée. C’était sûrement écrit en tout petits caractères et de toute façon, c’était en danois [comme d’habitude]. Bref, nous avons adopté la stratégie du on scrute les meilleurs places inoccupées et on change de place fissa fissa si elles restent inoccupées. Nous voici donc assis avec ma foi, une très belle vue. Le ballet commence. 

4) « L’histoire originale se passe en Inde. Le guerrier Solor est épris de la Bayadère, Nikiya qu’il rejoint en cachette au temple (acte 1). Mais il est promis à Gamzatti, la fille du Rajah. Celle-ci, se découvrant trahie, offre à Nikiya, lors de la fête en l’honneur de Badrinata, un bouquet de fleurs dans lequel est caché un serpent dont la morsure est mortelle (acte 2). En rêve, Solor la rejoint alors au royaume des ombres (acte 3). Entre la vie sans son amour et les ténèbres de la mort Solor choisira la mort » (source). Dans l’adaption de Nikolaj Hübbe  à laquelle j’ai assisté [Royal Danish Ballet], le guerrier Solor est remplacé par Sir William Sibley, un jeune lieutenant anglais. Gamzatti la fille du Rajah devient Lady Emma Ashbury la fille du vice consul anglais et Nikiya reste Nikiya, jeune Bayadère. BREF, c’est un triangle amoureux [tout ce qu’il y a de plus classique] et l’histoire se déroule à l’époque de la colonisation anglaise.

5) Ce que j’en ai pensé. La première chose qui m’a frappée, c’est l’extrême ultra minceur des danseurs. Mon Dieu qu’ils étaient minces. La danseuse principale évoluait tel… un squelette et cela en était (à mon sens) presque effrayant. Je ne connais pas le monde du classique mais j’imagine que cela doit être un critère de sélection et que le régime doit être sévère. J’étais d’autant plus perplexe que des enfants d’une extrême minceur ont également fait leur apparition. A. m’a cependant fait remarquer que leur extrême minceur n’était pas forcément dû à une quelconque sous-alimentation mais que c’était peut-être leur constitution naturelle et qu’il fallait arrêter de systématiquement associer l’extrême minceur à des problèmes d’alimentation. C’est juste et sa remarque m’a fait réfléchir. Deuxième chose. La musique était très très très belle et l’orchestre très performant. Troisième chose. C’était ravissant, fascinant et plein de grâce. Les deux premiers actes m’ont beaucoup plus car très exotiques et très colorés. L’Inde était très bien representé. Les costumes étaient absolument sublimes. Le troisième acte m’a beaucoup moins plu car beaucoup plus neutre et froid, un peu plus ballet [le Royaume des morts n’est pas très funky, certes]. Je suis beaucoup plus orientée comédies musicales [j’en ai vu pas mal, c’est mon dada]. Dans un ballet, la danse prime. Et c’est ce que j’ai le moins apprécié. Le fait que l’histoire ne soit qu’accessoire [je comprends l’intérêt du petit exposé préliminaire]. Le ballet relève plus de la prouesse technique et j’ai trouvé que c’était légèrement répétitif en termes de mouvements [en même temps, je n’y connais rien]. J’ai néanmoins passé un bon moment même si je n’ai pas pleuré à la fin [d’habitude, je pleure d’émotion à la fin d’une comédie musicale]

6) Le moment improbable ou une dernière petite anecdote pour la route. L’éléphant arrive sur scène, A. se tourne vers moi et s’exclame : haaaan, c’est un vrai éléphant. C’est génial. Et pendant 30 secondes, je l’ai cru. Puis la raison s’est très vite emparée de nous et la désillusion aussi : ah mais non, il n’est pas plus réel que le tigre embroché de tout à l’heure [fou rire]. Dernière chose,  seul le 1/4 de la troupe s’est présenté pour les salutations et acclamations finales [soit les danseuses du troisième acte] et ce fait demeure pour moi un mystère. A. m’a dit : ils sont très certainement rentrés chez eux car trop fatigués. Ils ne voulaient pas rester uniquement pour saluer le public. Ah, étrange et légèrement malpoli, non ? M’enfin, je n’y connais rien en ballet et c’est peut être une convention. 

Cher lecteur, quel est ton rapport au ballet ? En as-tu de chouettes à me conseiller ? Personnellement, je pense poursuivre mon initiation et aller voir « The Sleeping Beauty » alias « La Belle au Bois Dormant », début décembre.