Ce texte a été publié sur So Busy Girl, il y a quelques temps déjà. Mais voyez-vous chers lecteurs, je suis en panne d’inspiration alors je recycle. Il fallait bien que cela arrive un jour. Hmm, vous ne m’avez pas vraiment cru, si ? Blague à part, mon titre entre crochets doit vous intriguer [ne niez pas, je sais qu’il vous intrigue]. Appels aux dons de quoi ? De soi ? D’argent ? De temps ? De livres ? D’apéricubes ? De petites voitures rouges ? Non, d’idées. Vous avez bien lu, je lance un appel aux dons d’idées. Je vous explique.

Votre mission si toutefois vous l’acceptez consiste à me faire part de toutes ces réflexions d’autrui qui vous irritent et vous plongent dans un état de nervosité palpable [oui, j’exagère]. Plait-il ? Pourquoi ? Parce que les plus amusantes pertinentes d’entre elles [elles, vos réflexions] seront compilées dans un recueil rédigé par mes soins. Oui, je travaille sur un projet de recueil en collaboration avec Books On Demand (BoD). A gagner ? Un rôle dans le film inspiré du roman qui en découlera. Du rire, de la bonne humeur et un paquet de caramels mous ma gratitude éternelle.

Sur ce, bonne lecture. Pour ne pas ennuyer ceux qui auraient déjà lu cet article, sachez que les points 6 et 7 sont inédits [oui, j’innove #genre]. De manière générale, je suis allergique à la critique [traduction : je suis légèrement butée susceptible] surtout quand elle n’est pas constructive [c’est à dire la plupart du temps]. De toutes les réflexions désagréables [ou pas] dont autrui a le secret, il y en qui a m’irritent tout particulièrement. Florilège.

1) Les réflexions sur mon poids  du style tu as maigri ou tu as grossi. Je trouve ces deux réflexions sans intérêt parce qu’elles s’accompagnent toujours d’un jugement positif [tu as maigri, c’est bien, quel est ton secret] ou négatif [tu as grossi, c’est mal, fais attention]. C’est mignon, c’est sympa mais je ne te demande pas ton avis. Je suis à l’aise dans mes baskets et le mot régime ne fait pas partie de mon vocabulaire. Que je prenne du poids ou que j’en perde, je me fiche du regard d’autrui. Obtenir son approbation [ou sa désapprobation] ne me perturbe pas outre mesure.

2) Les réflexions sur ma manière de m’alimenter du style tu manges au McDo  [sacrilège] ?  C’est très mauvais pour la santé, tu sais [oui, oui]. J’ai vu un reportage [gna gna gna] l’autre jour et bla bla bla [ce moment gênant où je cesse de prêter attention à ce que raconte mon interlocuteur]. Je pars du principe que si tu n’aimes pas quelque chose, il est inutile de chercher à en dégoûter les autres par tous les moyens [le mal du siècle]. Il s’agit de mon estomac, myself and I alors pouet pouet camembert. Et puis il ne faut pas croire tout ce qu’on dit à la télé. Et puis est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo ?

3) Les réflexions sur mes origines du style tu es Sénégalo-Libanaise ? Tu te sens plus sénégalaise ou libanaise ? Oh mais tu as plus vécu au Sénégal alors tu te sens forcément plus sénégalaise. Hein ? Hein ? Hein ? [c’est qu’il insiste en plus]. C’est complétement con comme question. Et toi, tu préfères ton oreille droite ou ton oreille gauche ? Cela me laisse sans voix. Ma réponse standard : oh, tu sais, je suis une citoyenne du monde [usage délibéré d’une expression à la mode pour se débarrasser d’un interlocuteur gênant]. Cela suffit généralement à clouer le bec de mon interlocuteur.

4) Les réflexions sur mon âge du style « tu n’as que 27 ans ? Ce n’est pas bien grave si tu n’obtiens pas ce poste, tu es si jeune, tu vas rebondir » [air compatissant]. Cette remarque m’horripile tout particulièrement surtout lorsqu’elle provient d’une personne à peine plus âgée qui considère que la vie s’arrête à et après trente ans et qui en plus rajoute que je comprendrai quand j’aurai trente ans. A mon humble avis, l’âge ne rend pas le chômage plus ou moins supportable. Et le manque d’expérience qui m’est souvent reproché [je suis si jeune vous comprenez] ne plaide pas en faveur de ma « jeunesse » [entre guillemets].

5) Les réflexions sur l’argent du style « mais il coûte super cher ton appart, c’est le temps de trouver autre chose je suppose » [re-air compatissant]. Comme le dit si bien Tonton David, chacun sa route, chacun son destin. Je reproche à autrui de n’apprécier les choses que pour leurs valeurs matérielles  et non pour ce qu’ils représentent tout simplement. La réaction spontanée du « combien ça t’a coûté déjà » m’agace de par son côté intrusif d’une part et moralisateur d’autre part.

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6) Les réflexions sur ma manière de m’habiller du style « oh, mais tu a mis une robe aujourd’hui, mais ça te va trop bien, pourquoi tu n’en mets pas plus souvent ? Tu es toujours en pantalon ». Pour éviter de me prendre des reflexions du style « pourquoi tu n’en mets pas plus souvent ? ». Le fait est que je collectionne les robes mais que je ne les porte que très rarement pour aller travailler. Au moindre changement, autrui s’extasie et moi, ça m’agace. Qu’on me laisse m’habiller en paix.

And the winner is :

7) Les réflexions sur mes fréquentations du style « oh, mais je vois que tu traines beaucoup avec XYZ. en ce moment, alors, il te plait ? Vous sortez ensemble ? Vous avez concrétisé ». C’est un fait, je ne peux pas me lier d’amitié avec un garçon sans que l’on m’accuse de félonie. Je suis de celles qui croient en l’amitié homme / femme sans systématiques arrières pensées [si, si, si]. Et le fait de devoir en permanence me justifier auprès d’autrui est usant.

Ces réflexions sont récurrentes, alors à force de les entendre, je n’y accorde plus d’importance. Je fais l’autruche. Je botte en touche. Je feinte. Je prends la tangente. Je parle du beau ou du mauvais temps. Je fais semblant de n’avoir rien entendu. Je change de sujet. Bref, je passe à autre chose car il y a des moments dans la vie où il  vaut mieux ne pas argumenter.

Et vous ?