L’autre jour, je partais en weekend à Stockholm et je pris la bonne résolution de faire une cure de désintoxication numérique [expression trouvé sur internet] pendant toute la durée du séjour. Non, ce n’est pas tout à fait vrai. La vérité c’est que j’ai décidé de faire une cure de désintoxication de Facebook car j’ai comme le sentiment d’être devenue accro à cette plateforme. C’est très utile pour échanger et garder le contact avec mes amis et ma famille du bout du monde. Il n’empêche que j’y passe beaucoup trop de temps.

J’ai développé un certain nombre de réflexes. Tenez par exemple, je ne peux m’empêcher de systématiquement :

  • Photographier tout ce que je mange de plus intéressant que les autres jours et de les poster sur Facebook [géolocalisation, hashtag, identifications, smiley et tutti quanti inclus]. Marche aussi avec abuser des selfies de groupe.
  • Me connecter toutes les trente secondes [meme la nuit quand tout le monde dort] pour actualiser le fil d’actualités dès fois qu’un événement extraordinaire se serait produit entre temps.
  • Participer bien malgré moi à ce qu’on appelle la course aux likes ou aux notifications [refresh, refresh, refresh].
  • Recharger en permanence mon téléphone parce que bon c’est mignon, c’est sympa mais cette application, en plus de bouffer les 3/4 de mon temps, bouffe les 3/4 de ma batterie.
  • Partir à la recherche du WIFI perdu quand je suis à l’étranger parce que je n’ai pas la 3G. Me sentir désespérée quand je ne le trouve pas.

Les comportements décrits plus haut n’ont rien d’inédit. Tout le monde fait ça. Mais comme le dit Gandhi, une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit. Non pas que je condamne toutes les personnes qui ont développé la même addiction car après tout, tout le monde il est libre d’occuper son temps comme il l’entend. Pour ma part, j’ai souvent l’impression d’être parasitée par ce réseau social et de ne pas suffisamment profiter du moment présent : si, si, si, je t’écoute, je poste juste un truc sur Facebook. Et puis je n’aime pas être pistée. C’est comme cette nouvelle tendance qui consiste à se check-in dans les aéroports : je m’appelle Caramel Mou, je suis à Roissy, je vais à Trifouillis-les-Oies et je veux que la terre entière soit au courant.

Plait-il ? Si je ne suis pas contente, pourquoi je le fais ? Aucune idée. C’est dans l’air du temps. C’est comme ça. C’est compulsif. C’est plus fort que moi. Et c’est la raison pour laquelle, je me suis déconnectée pendant 48 heures. J’ai commencé par désactiver mes notifications pour ne pas être tentée et c’est tout. Je ne m’en suis pas plus mal portée. Cela dit, j’ai voulu me faire discrète mais cela n’a pas vraiment marché car j’ai tout un tas d’amis en commun avec l’amie qui m’accompagnait pour le weekend. Mon amie étant tout aussi accro à Facebook, tout le monde il a su où elle était et donc où j’étais puisque nous étions ensemble. Bref, c’est infernal.

Cela dit, cette petite coupure m’a tout de même fait du bien. J’ai gardé Whatsapp et Twitter car rien à voir. Whatsapp me sert à communiquer et je ne poste pas ma vie sur Twitter, je m’informe. A peine rentrée de Stockholm, je me suis bien entendu connectée sur Facebook pour poster les photos de mon séjour. Cela dit, j’ai préféré les poster toutes d’un coup qu’une fois toutes les trente secondes [oui, j’exagère]. Mes notifications sont toujours désactivées. Et c’est très bien. Je préfère me connecter une fois toutes les heures qu’une fois toutes les notifications.

Je réduis mon utilisation intempestive de Facebook. Enfin, j’essaye. La vérité c’est que ce n’est pas très concluant. Le fait de ne pas recevoir de notifications me rend parano et me fait penser que je suis entrain de louper des événements O combien extraordinaire alors bah, je me connecte encore plus souvent qu’avant #Fail #Incurable #ToutCaPourCa. 

… Et vous ?