Aujourd’hui, j’écris le dernier chapitre du livre consacré au Sept Péchés Capitaux. Rien ne va plus car voici venu le temps de la luxure. Celle-ci décrit le comportement de quelqu’un qui aime s’adonner aux plaisirs de la chair. Merci Larousse mais où cela nous mène-t-il ? (celui qui a dit à DSK est prié de sortir). Allons voir notre ami Wiki, il est toujours plein de ressources. Thomas Gousset, habile théologien, nous propose une typologie des péchés liés à la luxure. Je devrais pouvoir y trouver une manière satisfaisante d’aborder ce thème. Rapt, relations hors mariage, adultère, ince … Merci Wiki, je pense avoir saisi l’idée générale.  A ce stade de la réflexion, un problème se pose. Comment traiter de la luxure sans tomber dans le politiquement incorrect, sans porter de jugements hâtifs sur autrui, sans traiter de sujets graves de manière beaucoup trop légère et incomplète et sans user de mots-clefs inappropriés, Google n’étant pas toujours mon ami ? 

 

Lust_II_by_Necrania_art

Necrania-art

 

Puis, ma route croisa celle de Uma Thurman et une idée lumineuse me vint à l’esprit. Chers lecteurs, je vous sens perdu. Ne vous inquiètez pas, vous allez très vite comprendre. Visionnez la vidéo ci- dessous : position lascive, regard langoureux, tenue affriolante, maquillage outrancier, voix sensuelle, propos ambigus et jeune homme déconfit en plus d’être benêt.  De l’utilisation des Sept Péchés Capitaux dans la publicité : Swheppes Sex in the city. La publicité selon Larousse c’est cette activité ayant pour but de faire connaître une marque et d’inciter le public à acheter un produit ou à utiliser un service. A titre personnel, Uma Thurman m’exaspère plus qu’elle ne m’incite à consommer. Son what did you except me glace plus qu’il ne me fait rire. Plaît-il ? Je ne fais pas partie de la cible donc il est normal que je ne me sente pas concernée ? Qui est la cible ? Cet homme dont le premier réflexe serait d’aller boire un Schweppes pour calmer ses ardeurs ? Dans la mesure où il s’agit d’une boisson plutôt amère, j’ai des doutes. Peut-être cette publicité s’adresse-t-elle aux adorateurs de Uma Thurman subjugués par son véritable rôle de composition et qui, à l’instar de leur idole, n’ont qu’une envie : se taper un Schweppes. Allô !  Ce n’est qu’une boisson gazeuse pas l’élixir des dieux (#çasesaurait).

 

 

Je dois vous faire un aveu : je suis sensible au Nespresso, what else porté par le charme ravageur de Georges Clooney (#nemejugezpas). Oui, mais la publicité de Nespresso est réalisée avec beaucoup plus d’élégance et de subtilité que celle de Schweppes que je trouve scandaleuse : l’une est très raffinée tandis que l’autre est carrément vulgaire (#desgoûtsetdescouleurs). En réalité, les deux marques s’appuient sur la même stratégie de départ : éveiller nos sens par la présence d’un sex symbol. Elles cherchent à nous séduire en nous faisant passer un message : they are sexy and they know it. You’re not mais vous pouvez le devenir en achetant nos produits (#moué).

J’accuse la publicité de faire passer des messages erronés en jouant sur des clichés. Plaît-il ? Vous me mettez au défi de trouver une seule publicité qui ne joue pas sur les clichés ? Vous avez raison. Mais il y a des clichés plus ou moins sympathiques (#toutestrelatif) comme celui de cette famille si niaise heureuse qui prend son petit-déjeuner en s’empiffrant de cette délicieuse pâte à tartiner. Il y a aussi le cliché du bébé qui rit dans ses couches d’un confort absolu sans oublier le cliché de la jeune fille aux cheveux rendus doux et soyeux par l’utilisation d’un shampoing providentiel. Et il y a les clichés qui m’insupportent. Il y a l’image de cette femme utilisée à mauvais escient. Il y a l’image de cette femme qui est un appel à la luxure. Il y a l’image de cette femme considérée comme un objet de désir. Il y a l’image de cette femme qui alimente les fantasmes. Il y a l’image de cette femme qui n’est qu’apparence. Il y a l’image de cette femme qui n’est que poses suggestives. Il y a l’image de cette femme dont la vocation est de séduire. Il y a l’image de cette femme potiche. Il y a l’image de cette femme négligemment posée sur une voiture de ce salon automobile. Il y a l’image de cette femme figée à côté de ce parfum. Bref, il y a Uma Thurman qui m’agresse dans ma condition de femme et cet homme qui regarde d’un air satisfait. Et pourquoi pas l’inverse ? 

J’anticipe quelques réactions : pfff, encore une féministe de base. Pfff, elle voit le mal partout. Pfff, c’est un sujet vu et revu. Pfff, encore une critique injustifiée de la publicité. Pfff, elle critique les clichés mais c’est un cliché vivant. Ce moment gênant où je suis censée me justifier et répondre que non, je ne suis pas féministe mais [bla, bla, bla] et que j’adore la publicité [bla, bla, bla] et que bien entendu, je n’en fais rien. J’assume. 

Chers lecteurs, je sens que beaucoup d’entre vous ne seront pas d’accord avec moi, je me trompe ?